arts, amours, plaisirs, contrariétés, pensées...
Ирина Леонидовна Немировская (Irène Némirovsky), Les Vierges
“ Je suis seule comme vous à présent, non pas d’une solitude choisie, recherchée, mais de la pire solitude, humiliée, amère, celle de l’abandon, de la trahison… ”
Ирина Леонидовна Немировская (Irène Némirovsky), Les Vierges
“ Si tu as besoin de ma vie, viens la prendre. ”
Trigorine dans La Mouette (III), d’Anton Tchekhov
“ Il n’est pas de plus grand malheur que d’être privé de l’estime de soi-même. Mon Dieu, il n’y a plus rien en moi qu’on puisse aimer ou respecter… Et pourtant tu m’aimes ? Vraiment je ne comprends pas pourquoi. Tu aurais trouvé quelque chose en moi qu’on puisse aimer ? Tu m’aimerais ? ”
Platonov dans Ce fou de Platonov (Безотцовщина), II, 3
Anton Pavlovitch Tchekhov (Анто́н Па́влович Че́хов)
“ Attendez, vous ne comprenez rien du tout. Vous n’avez aucune idée de l’enfer dans lequel je vis! Un enfer de vulgarité et de déception. Ne haïssez-vous jamais ceux chez qui vous discernez une lueur de votre propre passé? Ne les haïssez-vous pas de vous rappeler ces jours enfuis où vous étiez jeune - et pur - et plein de rêves idéalistes? Tout est tellement simple quand on est jeune. Un corps vif, un esprit clair, une honnêteté inaltérable, le courage et l’amour de la liberté, de la vérité et de la grandeur. Mais voilà que surgit la vie quotidienne. Elle vous enveloppe toujours plus étroitement de sa misère. Les années passent, et que voyez-vous alors? Des millions de gens dont la tête est vidée par l’intérieur. Eh bien, cependant, que nous ayons su vivre ou non, il y a quand même une petite compensation: l’expérience commune, la Mort. Alors, on se retrouve à son point de départ: pur. “A peine au monde, nous pleurons, car nous sommes entrés sur cette grande scène de folie.” C’est terrible, ne trouvez-vous pas? ”
Platonov dans Ce Fou de Platonov (I, 14)
Anton Tchekhov