Les petites douceurs de chez Mitou

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Non ! L’amour était au-delà de ces singeries. La femme n’était pas ce monstre vautré aux entrailles dociles. L’accouplement n’était pas cette danse élastique, huilée et morne, contre un corps dont tout notre esprit nous sépare. On n’aime pas comme on se nourrit, comme on boit, comme on dort, mais dans une communion qui transfigure les plus sales besoins. Entre deux êtres d’élite, se crée, certainement, une harmonie mystérieuse des appétits animaux et des plus hautes aspirations du cœur. L’instinct est sublimé par une attraction merveilleuse. L’homme et la femme échappent à la domination de leur chair, sans rien sacrifier de leur richesse sensitive.

Henri Troyat, L’Araigne, partie I, chap. 3 (1938)

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J’aime le péril… les précipices…, les dés qu’on jette étourdiment en pariant sa vie entière, et je n’attends même pas qu’ils aient fini de rouler pour décider de ma ruine. Me perdre, j’aime aussi, à l’occasion. C’est moi. Rien ne m’en guérira.

Gilles Leroy, Alabama Song (partie II)

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La solitude permet de croire au génie.

Henri Troyat, L’Araigne, partie 1, chap. 3 (1938)

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Les hommes sont inconscients […]. “J’ai tellement confiance en toi”, tellement confiance que je peux te tromper, te laisser seule, et qu’il n’est pas possible que le contraire arrive. C’est sublime.

Françoise Sagan, Aimez-vous Brahms… (chapitre VII)

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Tout le monde fermait les yeux autour de lui. Il avait l’impression, parfois, qu’on ne l’avait pas endormi pour subir l’interminable opération de la vie. Une anesthésie soigneuse émoussait les douleurs des autres. Lui seul était éveillé, lucide, les chairs et l’esprit à vif.

Henri Troyat, L’Araigne (1938)

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Les moments où on ne peut pas mentir sont précisément ceux où l’on ment le plus, et surtout à soi-même. Croire une femme “au moment où elle ne peut mentir”, c’est croire à la fausse générosité d’un avare.

Raymond Radiguet, Le Diable au corps

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Je suis fou, probablement ; en croyant raisonner, je ne raisonne pas ; je me retourne seulement pour chercher une position moins cruelle, je passe sans la voir à côté de quelque raison décisive. Puisque je suis aveuglé par l’excessive douleur, suivons cette règle, approuvée de tous les gens sages, qu’on appelle prudence.

Stendhal, La Chartreuse de Parme, livre I, chap. VII

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servitude pour servitude, il vaut encore mieux être asservi par son cœur que l’esclave de ses sens

Raymond Radiguet, Le Diable au corps

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Bananes ! Vous êtes des bananes et je dis cela sans présumer de ce que vous portez dans la culotte, qui doit se sentir triste et n’est peut-être qu’un haricot. Mais dans la tête, vraiment, vous n’avez que des épluchures.

Gilles Leroy, Alabama Song (partie IV)

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Elle était seule, cette nuit encore, et sa vie à venir lui apparut comme une longue suite de nuits solitaires, dans des draps jamais froissés, dans une tranquillité morne comme celle d’une longue maladie.

Françoise Sagan, Aimez-vous Brahms… (chapitre I)

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Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes.

Paul Morand, Journal inutile

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J’étais passé maître dans l’art de détruire tout sentiment, à cette minute exacte où la volonté joue un rôle décisif dans l’amour, où au bord de la passion, nous demeurons encore libres de nous abandonner ou de nous reprendre.

François Mauriac, Le Nœud de vipères, chapitre VII

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Je n’ai plus l’âge des mensonges, mais j’aurai toujours l’âge des caresses.

Gilles Leroy, Alabama Song (partie II)

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Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C’est un sentiment si complet, si égoïste que j’en ai presque honte alors que la tristesse m’a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l’ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd’hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres.

Françoise Sagan, Bonjour tristesse (1954)

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Être heureux. Il n’y a pas un mot, que ce soit honneur, générosité, élégance, etc… qui ne cède devant ce terme : être heureux.

Vladimir dans Bonheur, impair et passe, II, tableau 1, de Françoise Sagan

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