“ Je rassemblais des lettres de la veille,
Des cheveux, des débris d’amour.
Tout ce passé me criait à l’oreille
Ses éternels serments d’un jour. ”
Alfred de Musset, La nuit de décembre, du recueil Poésies nouvelles (1850)
“ Unbewegt ist meine Seele und hell wie das Gebirge am Vormittag. ”
Friedrich Nietzsche, Also sprach Zarathustra
(Mon âme est impassible et lumineuse comme la montagne au matin.)
“ Je suis fou, probablement ; en croyant raisonner, je ne raisonne pas ; je me retourne seulement pour chercher une position moins cruelle, je passe sans la voir à côté de quelque raison décisive. Puisque je suis aveuglé par l’excessive douleur, suivons cette règle, approuvée de tous les gens sages, qu’on appelle prudence. ”
Stendhal, La Chartreuse de Parme, livre I, chap. VII
“ They who dream by day are cognizant of many things which escape those who dream only by night. ”
Edgar Allan Poe, Eleonora
“ Si tu as besoin de ma vie, viens la prendre. ”
Trigorine dans La Mouette (III), d’Anton Tchekhov
“ Attendez, vous ne comprenez rien du tout. Vous n’avez aucune idée de l’enfer dans lequel je vis! Un enfer de vulgarité et de déception. Ne haïssez-vous jamais ceux chez qui vous discernez une lueur de votre propre passé? Ne les haïssez-vous pas de vous rappeler ces jours enfuis où vous étiez jeune - et pur - et plein de rêves idéalistes? Tout est tellement simple quand on est jeune. Un corps vif, un esprit clair, une honnêteté inaltérable, le courage et l’amour de la liberté, de la vérité et de la grandeur. Mais voilà que surgit la vie quotidienne. Elle vous enveloppe toujours plus étroitement de sa misère. Les années passent, et que voyez-vous alors? Des millions de gens dont la tête est vidée par l’intérieur. Eh bien, cependant, que nous ayons su vivre ou non, il y a quand même une petite compensation: l’expérience commune, la Mort. Alors, on se retrouve à son point de départ: pur. “A peine au monde, nous pleurons, car nous sommes entrés sur cette grande scène de folie.” C’est terrible, ne trouvez-vous pas? ”
Platonov dans Ce Fou de Platonov (I, 14)
Anton Tchekhov
“ Absorbé par ces idées sévères, le peu qu’il daignait comprendre des mots obligeants des deux amies lui déplaisait comme vide de sens, niais, faible, en un mot féminin. ”
Stendhal, Le Rouge et le Noir, livre I, chap. 9
“ Ils ne savent toucher le cœur qu’en le froissant. ”
Un moderne.
Le Rouge et le Noir, Stendhal
(lire le chapitre ici)
“ Ce gouvernement, je le caractérise d’un mot : la police partout, la justice nulle part. ”
Victor Hugo, Choses vues (8 avril 1951)
(à propos du coup d’État du 2 décembre 1851)
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s’écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?…
Ce deuil est sans raison.
C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
Paul Verlaine, Romances sans paroles
“ Il n’y a qu’une loi en sentiment, c’est de faire le bonheur de ce qu‘on aime. ”
Stendhal, Journal - Juin 1805
“ L’amour est une fleur délicieuse, mais il faut avoir le courage d’aller la cueillir sur les bords d’un précipice affreux. ”
Stendhal, L’amour (1822)
“ Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots. ”
Alfred de Musset, La nuit de Mai
recueil Poésies nouvelles (1850)
Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.
Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.
Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.
À l’austère devoir, pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
“Quelle est donc cette femme ?” et ne comprendra pas.
Félix d’Arvers, Mes heures perdues (1833)