Les petites douceurs de chez Mitou

Mar 21

(Source: proseinpoetry)

Mar 19

“Je rassemblais des lettres de la veille,
Des cheveux, des débris d’amour.
Tout ce passé me criait à l’oreille
Ses éternels serments d’un jour.” — Alfred de Musset, La nuit de décembre, du recueil Poésies nouvelles (1850)

Oct 23

“Non ! L’amour était au-delà de ces singeries. La femme n’était pas ce monstre vautré aux entrailles dociles. L’accouplement n’était pas cette danse élastique, huilée et morne, contre un corps dont tout notre esprit nous sépare. On n’aime pas comme on se nourrit, comme on boit, comme on dort, mais dans une communion qui transfigure les plus sales besoins. Entre deux êtres d’élite, se crée, certainement, une harmonie mystérieuse des appétits animaux et des plus hautes aspirations du cœur. L’instinct est sublimé par une attraction merveilleuse. L’homme et la femme échappent à la domination de leur chair, sans rien sacrifier de leur richesse sensitive.” — Henri Troyat, L’Araigne, partie I, chap. 3 (1938)

Oct 19

“J’aime le péril… les précipices…, les dés qu’on jette étourdiment en pariant sa vie entière, et je n’attends même pas qu’ils aient fini de rouler pour décider de ma ruine. Me perdre, j’aime aussi, à l’occasion. C’est moi. Rien ne m’en guérira.” — Gilles Leroy, Alabama Song (partie II)

Oct 16

“La solitude permet de croire au génie.” — Henri Troyat, L’Araigne, partie 1, chap. 3 (1938)

Oct 12

“Les hommes sont inconscients […]. “J’ai tellement confiance en toi”, tellement confiance que je peux te tromper, te laisser seule, et qu’il n’est pas possible que le contraire arrive. C’est sublime.” — Françoise Sagan, Aimez-vous Brahms… (chapitre VII)

Oct 08

“Tout le monde fermait les yeux autour de lui. Il avait l’impression, parfois, qu’on ne l’avait pas endormi pour subir l’interminable opération de la vie. Une anesthésie soigneuse émoussait les douleurs des autres. Lui seul était éveillé, lucide, les chairs et l’esprit à vif.” — Henri Troyat, L’Araigne (1938)

Oct 01

“Unbewegt ist meine Seele und hell wie das Gebirge am Vormittag.” — Friedrich Nietzsche, Also sprach Zarathustra
(Mon âme est impassible et lumineuse comme la montagne au matin.)

Aug 30

“Cette amnésie heureuse qui te fait vivre chaque fois comme si c’était la première fois” — Jaromil dans Les Bien-Aimés de Christophe Honoré (2011)

Aug 28

(Source: stealingthings, via ptitefraise)

Aug 05

“Les moments où on ne peut pas mentir sont précisément ceux où l’on ment le plus, et surtout à soi-même. Croire une femme “au moment où elle ne peut mentir”, c’est croire à la fausse générosité d’un avare.” — Raymond Radiguet, Le Diable au corps

Aug 03

“Je suis fou, probablement ; en croyant raisonner, je ne raisonne pas ; je me retourne seulement pour chercher une position moins cruelle, je passe sans la voir à côté de quelque raison décisive. Puisque je suis aveuglé par l’excessive douleur, suivons cette règle, approuvée de tous les gens sages, qu’on appelle prudence.” — Stendhal, La Chartreuse de Parme, livre I, chap. VII

Jul 06

“Und tatsächlich liegt ja künstlerisches Erleben so unglaublich nahe am geschlechtlichen, an seinem Weh und seiner Lust, daß die beiden Erscheinungen eigentlich nur verschiedene Formen einer und derselben Sehnsucht und Seligkeit sind.” — Rainer Maria Rilke, Briefe an einen jungen Dichter (Lettres à un jeune poète)
(Au vrai, la vie créatrice est si près de la vie sexuelle, de ses souffrances, de ses voluptés, qu’il n’y faut voir que deux formes d’un seul et même besoin, d’une seule et même jouissance.)

Jul 03

“servitude pour servitude, il vaut encore mieux être asservi par son cœur que l’esclave de ses sens” — Raymond Radiguet, Le Diable au corps

Jul 02

Chansons des sardinières

Tournez tournez
petites filles
tournez autour des fabriques
bientôt vous serez dedans
tournez tournez
filles des pêcheurs
filles des paysans

Les fées qui sont venues
autour de vos berceaux
les fées étaient payées
par les gens du château
elles vous ont dit l’avenir
et il n’était pas beau

Vous vivrez malheureuses
et vous aurez beaucoup d’enfants
beaucoup d’enfants
qui vivront malheureux
et qui auront beaucoup d’enfants
qui vivront malheureux
et qui auront beaucoup d’enfants
beaucoup d’enfants
qui vivront malheureux
et qui auront beaucoup d’enfants
beaucoup d’enfants
beaucoup d’enfants…

Tournez tournez
petites filles
tournez autour des fabriques
bientôt vous serez dedans
tournez tournez
filles des pêcheurs
filles des paysans.

Jacques Prévert